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Actualité
Le 25 mai 2018

Qu'est-ce-que la fiction historique ? Charte de la fiction historique

Charte de la "fiction historique". « Un titre qui fleure bon l'académisme le plus éhonté ! », pourriez-vous dire... « Et pourquoi pas ? Tant il est, parfois, bon d’en faire montre. » pourrais-je rétorquer. D’abord que signifie "fiction historique", sinon un récit imaginaire placé dans un contexte ayant eu une réalité avérée.
La fiction historique ne tolère aucune invraisemblanceLa fiction historique ne tolère aucune invraisemblance

Dans ce qui va suivre, il ne sera question que de ma vision de ce genre littéraire – en toute subjectivité – ; aussi ne vais-je pas répéter toutes les trois lignes "à mon sens", "je crois que", "je pense que", "dans mon idée"... Libre à vous de me juger normatif, dogmatique, voire de me gratifier de quelques vocables en "iste" bien sentis ; ne vous en privez pas, ils ne feront que glisser.

Les exigences et les rigueurs inhérentes à la fiction historique

    Je vais donc vous exposer les exigences et les rigueurs inhérentes à ce type de narration. Je suis obligé de vous entretenir – brièvement – de ce que fut ma formation dans la science historique afin de mieux vous faire percevoir mes intransigeances en matière de  "fiction historique".

    J'ai commencé ma carrière, dans les années 1980 comme chercheur en histoire  –  ce qui ne veut pas dire que je cherchais des histoires à mes prochains, enfin pas tout le temps –. Je travaillais sur un sujet fort pointu : « la perception morale des enfants abandonnés en France du XVIIème au XIXème siècle » – mes écrits de l'époque sont d'ailleurs toujours cités dans les travaux actuels –.

    Je peux vous assurer que de la rigueur afin de ne pas trahir l'esprit des penseurs sociaux de ces temps reculés mais de l'analyser dans l'optique de leur réalité, il en fallait ! Ce n’était pas le cas de tout le monde : certains, qui effleuraient la même question – s’abritant derrière le prestige de leur patronyme – manquaient cruellement de cette rectitude et firent paraître des ouvrages sur l’enfance – d’ailleurs de beaux "succès de librairie" largement médiatisés – dans lesquels ils ne se gênaient pas pour tronquer les citations afin de leur faire dire ce que eux voulaient bien y lire ! Sans parler du véritable "travail de bénédictin" auquel j’ai dû me livrer : se farcir les 18 volumes de discours et conférences de Saint Vincent de Paul – entre autres sources diverses et variées – pour, au final, ne  trouver qu'une petite  trentaine d'allusions au sort des bambins délaissés, c'était pas de la tarte !

 La fiction historique passe par les faisceaux de probabilités historiques 

Assez parlé de la personne, plutôt anodine, que je suis et entrons dans le "vif du sujet".

 Souvent, dans une "fiction historique" celle ou celui qui écrit met en scène des personnages ayant eu une réalité – qu'ils soient principaux ou secondaires –. Il faut bien faire attention à connaître leurs biographies ; s'il y a possibilité qu'ils se soient rencontrés ; s'ils ont pu être présents au moment et sur le lieu de l'action décrite... Ceci ne tue en rien l'imagination créatrice : il faut juste créer des "faisceaux de probabilités historiques" ! En caricaturant, je pourrais dire que le jour où je vais lire une scène – et au train où vont les choses tout est possible – dans laquelle Simon Bolivar est en train de serrer la main de Che Guevara, je serais plié de rire... Et pourrais me permettre de qualifier l'auteur de jean-foutre !

...et un nécessaire champ lexical

    Il y a aussi une nécessaire connaissance du champ lexical utilisé à l'époque considérée ; et ce dans tous les domaines : architecture, objets de la vie quotidienne, formules de politesse, habillement,  instruments de musique, expressions idiomatiques, us et coutumes de la table... Bien sûr, les détracteurs de tout poil vont vous tomber dessus en vous accusant de chercher à faire "couleur locale"… Là, mes cher(e)s consœurs  et confrères, ayez envers vos dépréciateurs la "clémence d’Auguste" en vous disant qu'ils sont trop paresseux pour ouvrir un dictionnaire – fut-il informatique – afin de satisfaire à leur curiosité ; ou plutôt qu’ils ont honte de reconnaître leurs  nombreuses lacunes et préfèrent le quolibet à l’acquisition de connaissances nouvelles. Dans la  "fiction historique", il est nécessaire de mettre la lectrice ou le lecteur en phase avec la période traitée  par l'emploi d'un vocabulaire adéquat... Sans toutefois en abuser : une histoire de ce genre ne doit  surtout pas tourner à l'étalage érudit ; l'usage – modéré –  de la "note de bas de page" peut s'avérer un instrument didactique de grande utilité.

  Fiction historique : la cohérence et la vraisemblance sont clés

Les personnages se déplacent, correspondent entre eux : il est impératif de tenir compte des contraintes de jadis ! Je vous pose donc quelques questions en vrac. En combien de jours un homme à cheval pouvait-il couvrir la distance séparant Toulouse de Marseille, à l'époque médiévale, à celle des Lumières, à différents moments du XIXème siècle ? Quel délai aurait pris un courrier envoyé de Lyon pour parvenir à Paris aux alentours de 1860 et dans quel laps de temps celui qui l'a écrite peut-il espérer une réponse ? Vers 1780 ? 1900 ? Quelle serait la durée – pour le voyageur lambda – d'un périple entre la région d'Orléans et celle de Rouen vers 1850 en tenant compte des relais de malle-poste et d'un réseau ferroviaire encore embryonnaire ? Il faut bien le dire : le TGV, la poste moderne, la correspondance par courriels et les transports aériens n'ont pas toujours existé !

Il y a aussi l'avancée des sciences et des technologies : certaines opérations chirurgicales ne purent être réalisées avec un pourcentage "raisonnable" de réussite et  sans danger pour le patient qu'au XXème siècle – cela peut faire rire, mais une consœur membre d'un jury de concours de nouvelles m'a cité un cas qui l'avait fait bondir  – ; le récepteur de radio à transistors n’apparut en France qu'en 1956 ;  les instruments d'allaitement artificiel en verre sont une innovation du XIXème siècle – sans parler des règles d'hygiène qui s'y attachent – ; si la xylographie est attestée en Chine dès le VIIème siècle de notre ère, c'est seulement à partir de 1450 que Johannes Gensfleisch, plus connu sous le nom de Gutenberg, commença à diffuser l’imprimerie en Europe...

Il faut aussi tenir compte du fait que, dans la France d’Ancien Régime, il n’y a pas d’uniformité des règles juridiques ni des pénalités appliquées que ce soit du point de vue des lieux comme à celui des "classes sociales" – je sais que ce terme est impropre puisque nous sommes dans une "société d’Ordres", disons que je l’emploie par soucis de vulgarisation – : ainsi, si les faux-monnayeurs étaient ébouillantés vifs, les parricides et régicides étaient écartelés roués et démembrés ; les gens du Tiers pouvaient être pendus, noyés ou autres gâteries alors que les nobles avaient le privilège d’être décapités à l’épée ; pour les crimes moindres, la privation d’une main ou d’une oreille était monnaie courante et assortie d’une marque au fer rouge… Il y a donc absolue nécessité de se renseigner sur les délits les plus courants et les peines appliquées en un endroit et une époque précis.

Je pourrais multiplier les exemples et encourir les épithètes de  "sinistre pion" ; "petit prof sans originalité" et autres noms d'oiseaux qui n'engagent que ceux qui les emploient !

Si Maurice Druon n’avait pas tenu compte de tous ces impératifs, aurait-il pu écrire « Les Rois Maudits » ? Arturo Pérez-Reverte « Deux hommes de bien » et « Capitaine Alatriste » ? Gilbert Sinoué « le livre de saphir » ? Amin Maalouf « Un fauteuil sur la Seine » ou « Léon l’Africain » ? Marguerite Yourcenar « L’œuvre au noir » et les « Mémoires d’Hadrien » ? Günter Grass « Une rencontre en Westphalie » ?  Anthony Burgess « The Kingdom of the Wicked » ?

Tout ce long, érudit et pénible développement pour dire que si l’auteur ne respecte pas  un ensemble de règles contraignantes et rigoureuses ; il peut avoir créé une œuvre de haute valeur littéraire, une très belle histoire romanesque –  je ne cherche en rien à minimiser les qualités de conteur de mes confrères et consœurs –, il n'aura pas écrit une "fiction historique".

 

Cordialement et avec humour.

Boris Phillips.

12 CommentairesAjouter un commentaire

Maurice Druon, s'il vous plait non. Quand on me l'a offert, poubelle. Deux amis historiens, des vrais, pas de ceux qui réécrivent l'histoire depuis 1789, font comme moi. C'est Druon qui a écrit au nom de tous les miens, pour faire pleurer dans les chaumières. Martin Gray n'a jamais été dans les camps, n'a pas écrit. A ce niveau c'est se moquer gravement de tous ceux qui sont réellement morts dans les camps nazis. C'est aussi se moquer de mon pére qui les a vécu.

Publié le 17 Juillet 2018

Ah, vous êtes donc de retour @vespucci...
Toujours à la recherche de "nouvelles terres" à découvrir dans le royaume de la virgule de trop ou dans celui de la concordance des temps mal employée, je présume ?
Fort heureusement pour lui, votre lointain homonyme et prédécesseur - un prénommé Amerigo ce me semble -, avait plus de discernement quant il s'agissait d'exploration !
Passez donc votre chemin en faisant en sorte qu'il ne croise pas le mien ; merci d'avance de partir à la recherche d'un certain docteur David Livingstone qui n'attend que vous pour échanger des lieux communs.
Ne vous croyez - surtout pas - obligé de me répondre.
Courriel envoyé avec une cordialité plus que mitigée et un humour assurément grinçant.
Boris Phillips.

Publié le 29 Juin 2018

c'est amusant, non ? de s'irriter d'un anachronisme à côté d'un éloge de la faute...

Publié le 21 Juin 2018

C'est toujours un contentement que de "croiser la plume" avec vous, @Michel TAILLANT. D'ailleurs, si vos pas vous portaient vers la Touraine, dites-vous que j'y connais certaines tables propices aux échanges intellectuels...
Loin de moi l'idée que vous m'ayez accusé du moindre des vices que vous citez... Disons simplement que ma longue pratique de l'humour anglo-saxon fait, parfois, prendre à mes phrases d'étranges tournures.
Faisons plaisir à Marcel Pagnol et revenons à nos "moutonss".
Comme vous faites appel aux mânes de Ponson du Terrail, je ne peux que vous répondre « Il prit son courage à deux mains et son revolver dans l'autre »... Je n'étais pas au courant de l'anecdote des toilettes du Louvre ni du fait que cela ait pu être la source d'une polémique ; je trouve ceci amusant !
Les deux ouvrages que j'avais pris en exemple, vous les trouverez parmi ceux sur lesquels je me suis permis de poser une "note".
Le dictateur "choucroutophage" – quel plaisant néologisme – et buveur de pression n'est en rien une "invraisemblance condamnable" puisqu'il sert une intrigue totalement "rocambolesque" digne des "Bob Morane" que je dévorais étant adolescent !
Le cas du non-respect dans les délais d'acheminement des courriers est différent – toujours en précisant que ma remarque n'enlève rien au talent de conteur de l'auteur – puisqu'il introduit une notion de "simultanéité" parfaitement étrangère aux mentalités du XIXème siècle.
S'il me fallait mettre en avant une "fiction historique", ce serait sans conteste le « Manus Deï » de @Mary COUSIN : une incontournable somme de recherches historiques, d'érudition et de pureté littéraire !
Fort cordialement.
Philippe.

Publié le 03 Juin 2018

Chère @FANNY DUMOND.
Pour vous répondre, je suis obligé de sortir quelque peu du strict cadre de cette "tribune".
Il se trouve qu'au début des années 1980, j'ai eu le plaisir et le privilège de suivre, à l'université Paris IV, l'enseignement de Pierre Chaunu. Il fut d'ailleurs, nominalement du moins, le directeur de ma recherche sur les enfants abandonnés. Je peux vous affirmer - des souvenirs de ses amphis reviennent à ma mémoire - que l'historien, lorsqu'il s'agit de captiver son auditoire, peut se montrer passionné.
C'est justement là que je rejoins votre propos et par la même occasion celui de Miguel de Cervantes : lorsque ce Maître de la science historique a inventé le terme de "génocide franco-français" pour évoquer l'affrontement entre "bleus" et "blancs" pendant la Guerre de Vendée, il a quitté le rôle de témoin du passé, de dépositaire des actions humaines, pour endosser celui d'idéologue... Je regrette ce "glissement" tout en gardant une réelle admiration pour le "magister".
Tout ceci manque singulièrement d'humour me direz-vous... Ce n'est pas si certain, pourrais-je rétorquer.
Amicalement.
Philippe.

Publié le 03 Juin 2018

Ni accusation de sévérité, du moins excessive, ou de dogmatisme dans mon esprit, cher @Boris Phillips. Disons que je suis peut-être un peu indulgent (trop ?) par nature. Mon point de vue (personnel et révisable) est qu'une invraisemblance n'est condamnable que si elle contamine l’intrigue. Le cas que vous évoquez d’un Hitler choucroutophage et outre à bière entrerait-il dans cette perspective.Le personnage en a tant fait ! Et je pense surtout qu'il ne faut pas décourager les bonnes volontés en écriture. J'ai été impressionné ailleurs sur ce site par une longue discussion sur l'absence ou non de fenêtres aux toilettes du Louvre, dans le Da Vinci code ! Aurais-je confié mon texte à ce site si j'avais connu l'existence de si pointilleux censeurs ? L’illustre Ponson du Terrail (« le vieil homme se promenait tout seul dans son parc, les mains dans le dos en lisant son journal ») n’a pas vraiment souffert de ses approximations, descriptives et autres… Bien cordialement

Publié le 02 Juin 2018

Bonjour Philippe. Merci pour votre réponse et je prends note de mon exagération et de vos explications sur un sujet très intéressant.

Pour preuve que votre tribune m'a interpellée, je suis en pleine lecture de Don Quichotte de la Manche et ce passage de Miguel de Cervantes a attiré mon attention. Je pense qu’il étaye fort à propos votre tribune :
« Les historiens doivent être véridiques, ponctuels, jamais passionnés, sans que l’intérêt ni la crainte les fassent écarter du chemin de la vérité, dont la mère est l’histoire, émule du temps, dépôt des actions humaines, témoin du passé, exemple du présent, enseignement de l’avenir »

Amicalement et avec humour. Fanny

Publié le 01 Juin 2018

Un grand merci à vous quatre de vos si rapides réactions ; écrivain besogneux, je me fais un devoir - et un plaisir - de vous répondre.
Vos "félicitations", @FANNY DUMOND, touchent profondément ma rigueur d'ancien chercheur dans le domaine de Clio... D'autant plus que mes bulletins scolaires - en mes temps de collégien puis de lycéen - ne furent que fort rarement récompensés par cette "mention".
Plus sérieusement : je suis parfois irrité et le plus souvent amusé par certaines imprécisions ; le terme "anachronisme" - sauf cas extrême - me semblant abusif.
Lorsqu'une consœur ou un confrère fait appel à mes services de "conseiller historique", je fais tout mon possible afin de lui trouver les fameux "faisceaux de probabilité historique" ainsi que les champs lexicaux... Le respect du lecteur doit passer avant tout !
Frère @Michel CANAL, je reçois ta bénédiction la paix dans l'âme.
Mon "labeur" passé sur M. Vincent a été - aussi - très enrichissant : à l'époque, l'archiviste de l'Ordre des Lazaristes était un vénérable ancien missionnaire qui avait bourlingué - entre autres pays - en Egypte ; pour lui, cette "retraite" à la Maison Mère de la rue de Sèvres était un aboutissement d'une longue vie consacrée à l'évangélisation dans ce que nous nommons le Tiers-Monde... Je t'avoue que les nombreuses anecdotes qu'il a pu me conter lorsqu'il venait m'apporter les ouvrages furent loin d'être du "temps perdu" et suscitèrent chez le "persifleur érudit" - je crois que l'expression est de toi - que j'étais déjà un immense respect humain.
Le surmenage est en voie d'oubli - je ne reprends mes diverses activités qu'à "pas de sénateur" - grâce à mon séjour en Savoie... J'y ai d'ailleurs goûté plusieurs "Bénédictines" fort gouleyantes !
Ite missa est.
Cher @Michel TAILLANT.
Me taxer d'excessive "sévérité" est quelque peu abusif ; je vais m'en expliquer de suite...
Je vais lire votre "La papesse Jeanne" avec une grande attention et la certitude d'y trouver beaucoup de plaisir. Ne soyez pas trop impatient : comme de nombreux "intellectuels" - ou se prétendant l'être -, je suis assez "lent d'esprit" !
Il est évident que placer un "phénomène de foule" tel que nous l'analysons au XXIème siècle aux alentours de 850 de notre ère ne peut que laisser une large place à l'imagination descriptive.
Dans les lignes qui vont suivre, je tiens à préciser - comme je l'avais fait dans le corps de l'article - que je ne cherche pas à minimiser les talents de conteurs de mes consœurs et confrères. Deux exemples suffiront.
Lors d'une précédente réponse, j’évoquais un "amusement" certain : dans un roman "bien ficelé" - suivant votre expression - et plein de rebondissements, je souris à la lecture d'une scène pendant laquelle Adolf Hitler s'empiffre de choucroute et draine trois chopes d'un litre de bière d'affilée... Ce personnage hystérique - pardonnez-moi cette approximation de langage, je suis capable du pire lorsqu'il s'agit de faire un "bon mot" - n'était-il pas végétarien et ne buvait-il pas que de l'eau ? Dans ce cas de figure, je me laisse emporter par la cohérence romanesque du récit ; pose une "note bien étoilée" et contacte l'auteur par message personnel.
L’exaspération arrive lorsque je lis qu'une correspondance par lettres pourrait être postée, arriver à destination et que le premier envoyeur recevrait réponse dans un délai de 48 heures entre Orléans et Rouen - ou l'inverse, je ne sais plus -, et ce vers 1850... C'est oublier un peu vite que la distribution quotidienne du courrier ne date que de 1863 ! Pourquoi ne pas avoir lancé un questionnement en utilisant n’importe quel "moteur de recherche" afin de trouver la "cohérence temporelle" qui aurait réellement plongé le lecteur dans les aléas de la communication à l'époque ? Vous me répondrez que c'est le rôle d'un "conseiller historique" et je ne puis qu'approuver...
En espérant ne pas vous avoir lassé par mon "dogmatisme" ( ? - ! ).
Mon bonjour, Michèle - alias @lamish -.
Tu combles mon ego déjà surdimensionné avec tes mots sur le perfectionnisme et la passion de l'histoire...
Mais, pourquoi ne t'y frotterais-tu pas à ce genre littéraire ?
Je réponds donc favorablement à ton "appel d'offre" quant à la recherche d'un "œil critique avisé".
Courant juin, je vais parrainer une auteur - tu vois, je suis toujours aussi "réactionnaire" en n'utilisant pas la féminisation du vocable ! -.
Il s'agit de ma vieille amie et correctrice - celle dont un "troll" disait "si c'est votre correctrice changez-en, elle ne vaut pas un kopeck ; si c'est votre "chère et tendre", divorcez" - Laurence Clémancet... Il se trouve que je lui sers de "conseiller historique" depuis quelques temps déjà ; alors, l'occasion faisant le larron...
Bises amicales.
Mes amitiés à vous quatre et toujours sous le signe de l'humour.
En espérant que vos participations à cette tribune susciteront des "vocations" ; sait-on jamais ?
Philippe.

Publié le 31 Mai 2018

J'ai guetté ta tribune pendant quelques semaines, et voilà qu'elle parait lorsque je manque de disponibilité ;) ! mais je constate avec bonheur que, d'ores et déjà, elle a recueilli des avis éclairés. Etre perfectionniste, lorsque sa passion est l'histoire, requiert beaucoup de courage et de ténacité. Il est vrai que rares sont ceux qui ont les connaissances et compétences pour fournir un travail parfaitement documenté. Dans l'approximation, les fausses notes sont nombreuses, et si elles échappent à l'inculte que je suis, elles auront tendance à te rester en travers de la glotte ;). Il est peu probable que je m'y risque un jour, mais si je devais écrire une fiction historique, j'espère que je pourrai m'en remettre à tes critiques avisées ;). Merci infiniment pour ce partage. Bises amicales. Michèle

Publié le 29 Mai 2018

Tout en étant globalement d’accord avec vous, cher @Boris Phillips, je serais cependant moins sévère. Notons d’abord qu’un lecteur qui connait un milieu « de l’intérieur » trouve toujours un manque de réalisme à une histoire qui s’y déroule. Que pensent par exemple les vrais policiers de la plupart des « polars » ? C’est un peu la même chose d’un historien devant un roman historique.

De plus, on ne peut jamais restituer tous les détails d’une époque tout simplement parce que les témoignages manquent. Pardon de parler de moi mais, décrivant une scène d’aveuglement collectif au 9° siècle (et il est avéré que ceci était fréquemment pratiqué à cette époque), j’ai dû en inventer les péripéties parce qu’aucune chronique de l’époque ne nous les décrit.

En outre, bien davantage que pour les gestes ou le langage, on sera sensible à la reconstitution des manières de penser et d’être propres à une époque. Et ceci est infiniment plus difficile.

A titre d’exemple, deux perles parmi bien d’autres.

Un roman nous présente un pharaon s’isolant dans son bureau (sic) pour mieux étudier ses dossiers (re-sic). Ailleurs un jeune homme entre comme page de Louis XV, alors qu’il était l’enfant d’une prostituée et du fils illégitime d’un hobereau et qu’en plus il avait passé son enfance dans un lupanar. Ce qui me semble insupportable dans ces deux exemples c’est que les auteurs se présentent, l’un comme un égyptologue reconnu, l’autre comme un fin connaisseur du 18° siècle. Ma réaction serait la même devant une tentative de composer un roman didactique qui prétendrait expliquer une époque à des lecteurs dont certains peuvent la connaitre bien mieux que l’auteur.

En revanche je serais moins sévère pour des auteurs un peu maladroits certes, moyennement documentés peut-être, mais amoureux de l’Histoire en général ou de telle période en particulier. Le tout est qu’ils nous présentent agréablement et sans prétention un récit bien « ficelé » (dans un roman, c’est bien cela qui prime). Mais aussi, bien entendu, qu’ils évitent des anachronismes trop énormes tels que celui que vous évoquez à la fin de votre propos.

PS je lirai avec plaisir vos romans dont votre chronique m’a donné l’occasion de découvrir l’existence.

Publié le 26 Mai 2018

Mon cher @Boris Phillips (tu noteras que j'ai bien mis deux "l" à Phillips), voilà un article excellent que j'approuve. Il était bon de faire ce rappel. Un gros travail qui t'a mené tout droit au surmenage ? Au passage, je salue la prouesse de t'être coltiné les 18 volumes des discours et conférences de Saint-Vincent-de-Paul. D'ailleurs, bénédictin sans y accoler "moine", ne l'es-tu pas encore un peu, beaucoup, passionnément ?
Va en paix, frère Boris, tu as ma bénédiction. Amitiés. Michel

Publié le 26 Mai 2018

C'est bien pour cette raison qu'écrire des romans d'anticipation est beaucoup moins risqué et moins contraignant ! Félicitations Philippe pour votre charte, pour votre travail de bénédictin et pour votre rigueur de chercheur d'Histoire et non pas d'histoires ;-) Je comprends parfaitement votre agacement quand vous lisez des anachronismes qui vous hérissent le poil. Chacun son métier et les vaches seront bien gardées ! Amicalement. Fanny

Publié le 25 Mai 2018