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Actualité
Le 05 mar 2018

Qu'est-ce-que le point de vue du narrateur ? Comment l'utiliser ?

Le point de vue narratif est essentiel dans un texte, il donne la couleur du roman ou de la nouvelle. Complice, de mauvaise foi, ironique, neutre, c’est un élément déterminant de style, qui selon l’angle que vous avez choisi crèera un registre propre à votre roman.
Vous êtes la couronne, le livre ou la grenouille ?Vous êtes la couronne, le livre ou la grenouille ?
Ce qui vous paraît naturel ( narrateur extérieur, troisième personne, première personne)… est une vraie question que les professionnels de l’édition se posent souvent. Un narrateur inattendu donne un  angle différent et peut faire d’un bon roman un excellent roman, et vice versa ☺

 

>> Auteur et narrateur

Si dans certains cas auteur et narrateur se fondent (autobiographie), la plupart du temps, l’auteur – la personne réelle qui écrit l’histoire – crée un personnage d’entremise : le narrateur qui prend en charge le récit, qui raconte l’histoire.
L’angle du récit varie selon le fait qu’il participe à l’histoire (généralement récit à la première personne) ou qu’il n’y participe pas (récit à la troisième personne).
C’est la raison pour laquelle le choix du point de vue est crucial, il donne un vibrato : intensité ou distanciation. 

>> Le narrateur externe

Dans ce cas, le narrateur est parfaitement extérieur aux intrigues et aux évènements, il peut alors avoir un regard observateur, et généralement porte un regard d’une certaine objectivité sur les évènements. Il peut alors raconter ce qu’il voit ou qu’il entend. Descriptif. Sans interprétation comme un appareil photo ou une caméra qui glisse sur les personnages.

>> Le narrateur interne

Mais à l’inverse, s’il incarne l’un des personnages (ou le héros), il n’a pas la connaissance et la maitrise de toute la situation. Il a donc une vision partielle ou partiale. La dimension émotive est alors légitime, puisque il (elle) peut  avoir une lecture personnelle de la situation. C’est ce que pense et interprète le personnage qui prime. Ce peut être par exemple une technique intéressante pour les romans policiers : victime ou bourreau.

>> Un point de vue omniscient 

Dans ce cas, le narrateur sait tout des personnages (leur histoire, leur âges, leurs traumatismes, leurs sentiments et leurs pensées). Le lecteur en sait donc plus que les personnages, et cela lui confère un sentiment de domination intéressant. Car c'est, si le livre tient bien son intrigue, une manière de forcer le lecteur à se projeter et à prendre des parti pris. On contraint le lecteur à juger des situations, à créer des empathies, des émotions. Les thrillers utilisent souvent cette technique.

Mais le caractère du narrateur aussi donne une orientation au roman, selon qu’il soit véridique ou incertain

>> Narrateur véridique et narrateur incertain

Un narrateur véridique  sera celui  dont le point de vue ne peut pas être remis en question. Son récit ne peut être suspecté de parti pris, et on se laissera porter par sa voix en toute quiétude. C’est un regard, un récit policé qui, dans une neutralité objective, met en scène de manière presque journalistique l’intrigue et les personnages.

Un narrateur incertain : C’est un personnage de parti pris. Il est souvent intéressant quand sa crédibilité est tordue. Car il raconte « son » objectivité mais avec des déviations inhérentes. On peut mettre en doute son objectivité ou /et remettre en question sa version des faits, mais c’est au lecteur de rétablir la vérité ou "sa" vérité. Ce peut être la voix d’un tueur, d’une victime, d’un amoureux aveugle ; voire, d’un bébé, d’un enfant, même d’un animal. Colette nous avait bien livré un merveilleux « dialogue de bêtes »

@Monsieur Gaston..Dés la première phrase on le sait.

Publié le 05 Mars 2018

Il existe différents types de narrateurs effectivement. Et aucun n'est plus un modèle qu'un autre. Le choix en incombe à l'auteur. Bram Stoker, dans son "Dracula" use d'un autre artifice. Il y a de multiples narrateurs puisque son roman est fait de journaux intimes, de lettres entre protagonistes, d'extraits de gazettes, de comptes-rendus etc. Il n'y a pas UN narrateur qui relie tout cela hormis Bram Stoker lui-même.
Gide use d'un autre stratagème. Il raconte la même histoire mais vue par trois personnages différents. La femme, le mari, leur fille. Et pour cela, il fait trois livres : L'école des femmes, Robert et Geneviève. Du coup les éléments apportés par l'un peuvent être contredits, édulcorés ou bien complétés par les autres.
Camus, dans la Peste, ne dévoile qu'à la fin du roman qui est son narrateur.
Agatha Christie, dans l'un de ses romans (pour ne pas gâcher la lecture je ne dirai pas lequel) fait de son narrateur le coupable et inversement. D'ailleurs, à l'époque, c'était un procédé qui n'était pas utilisé et donc certaines critiques avaient jailli en disant que le procédé était malhonnête.
Donc, effectivement, selon le choix du narrateur, on connaît tout de l'histoire ou seulement ce qu'il veut bien nous en dire. Et parfois il peut manquer d'objectivité… ou tomber dans une sorte de schyzophrénie.

Publié le 05 Mars 2018